Je sors de chez moi. Tout a givré.

Je gratte le pare-brise avec le CD de NTM. Ça me fais sourire.

Le ciel est au grand bleu. On a rendez vous à 9h50 devants les portes de la bibliothèque pour une séance de photographie. Je suis dans les temps.

En arrivant je remarque une fenêtre à travers laquelle le soleil illumine des piles de livres entassés.

J’en prend une photo et me dis que c’est une bonne journée.

Tu m’attends à l’entrée du bâtiment encore fermé.

Nous nous saluons et je te montre les livres qui baignent dans la lumière. Ta réaction enjouée vient appuyer mon sentiment sur la journée.

On nous accueille chaleureusement.

Mme Lafond nous laisse choisir notre emplacement.

Nous lui faisons part de notre curiosité sur la pièce vue de l’extérieur.

« C’est la salle des livres en quarantaine! »

Bingo! C’est ça que l’on veut!

On commencera quand même par les rayons des peintres. Petit clin d’oeil d’artiste; il y a dans l’air des souvenirs d’écolier.

J’avais oublié le silence apaisant des bibliothèques, quelque chose de religieux beaucoup moins austère et tellement plus vivant que les lieux de culte. La croyance en la culture est plus salvatrice à mon sens.

On nous offre le café et tu parles de ton livre.Je découvre un homme d’une humilité naturelle et sincère. 

Nous apprécions ce moment partagé qui prend une valeur toute particulière aujourd’hui.

C’est une bonne journée.

En route pour Ciboure! On prend ta voiture car Wax est du voyage. Mignonne frimousse aux yeux tendres qui jappe comme un fou et peine à me céder la place du passager.

Nous voila parties sous un soleil resplendissant. On ne sait pas trop où l’on va s’arrêter mais on se laisse porter par le moment. Premier port d’arrêt: Saint Jean de Luz! Tu me racontes le port qui est le tien à Brest.

Aller à la rencontre de quelqu’un est toujours un voyage.

Puis tu me parles de Paris neuvième, la rue des martyrs et Pigalle où tu as trouvé l’inspiration du décors de ton livre. Je suis époustouflée car j’y ai vécu une bonne partie de mon adolescence.

Tu as faim. On commande des Americans que l’on va mangé vu sur les bateaux.

Puis on reprend notre navigation vers le fort de Socoa.

On continue à se raconter avec la même curiosité qui anime ceux qui accueillent un voyageur.Cela reste simple et aucun de nous ne juge l’autre sur ses naufrages respectifs. 

Nous avons tous le même horizon mais aucun de nous n’y voit le même panorama. J’aime observer la vie par différents regards comme par un hublot avec vue sur multitude de paysages. On se laisse embarquer par une sensibilité et on s’ouvre à d’autres perpectives.

Je crois que je garde plus facilement les souvenirs des personnes que ceux des lieux. Tu me dis partager ce goût pour les gens.

C’est définitivement une très bonne journée. 

Nous finissons la séance sur la plage d’Hendaye où Wax s’en donne à coeur joie. 

Je prend du recul et te laisse jouer avec ton compagnon de galère comme tu l’appelles. 

C’est grâce à ce genre de moment que je sais pourquoi j’aime faire des portraits .

Chacun de vous me laisse sa lumière dans le coeur.

Pour avoir une idée de celle ci je vous encourage à vous laisser embarquer par le roman « Etoile polaire » de César Rioual. 

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