J’ai envie de tirer le portrait !
Cela me manque…
J’ai remis plusieurs fois le projet à demain et changé, encore et encore, de place mon appareil photo. Tous les deux, on se regarde et se jauge.Je peste et me justifie.
Ok! Ce n’est plus négociable j’ai besoin d’aiguiser mon regard et mon objectif. Je me languis d’aller à la recherche d’une jolie lumière qui éclaire subtilement une belle âme. Au delà d’un caprice, c’est devenu une nécessité…
Cela tombe à pic car on me donne les coordonnées d’une personne ayant envie de cliché pour un futur projet.
Rendez vous pris au début d’une piste de randonnée à Ascain.
Le choix du lieu me fait sourire car il m’évoque des réminiscences de résistance aux portes d’une Espagne qui en d’autre temps offrait l’évasion aux clandestins.
Je suis un peu en avance. J’ai vérifié mon sac pour être sure que rien ne me manque.
Mes deux pieds sont côte à côte et mon dos est bien droit. Je regarde à l’horizon et cherche à deviner par où Elisabeth me rejoindra. Mes bras sont le long de mon corps avec les paumes de mes mains bien ouvertes. Rien ne laisse à penser mon affairement.
Si la rencontre d’une personne peut avoir quelque chose d’attrayant pour certain, pour moi c’est comme de découvrir un monde.
Je me laisse guider par le moment et suis totalement concentrée sur l’instant.
C’est une aventure que j’accueille joyeusement.
Te voici apparaitre. Nous nous saluons courtoisement et sans plus attendre commençons à marcher.
Tu te présentes avec simplicité. Je t’écoute me raconter ton parcours dans les grandes lignes.
Tu es une artiste.
Tu te racontes humblement.
Tu mets peu à peu des couleurs a notre échange.
Nous nous posons le long d’une rivière à l’ombre des arbres.
Ton esprit est inventif et débordant de création.
On sent en toi une belle expérience de l’interprétation et de la réalisation.
Très vite tu joues et t’amuses. J’avais emmené de quoi t’inspirer et comprends que cela ne te sera pas utile . Un peu d’espace, un bout de bois, une rivière, des arbres,…tout est source de jeu.
Tes yeux crépitent de milles idées et moi j’essaie de les attraper comme des papillons fous… Tu bouillonnes de proposition que j’essaie au mieux d’accueillir. Ton énergie résonne dans un torrent d’inspiration avec naturel et aisance.
J’ai la tête de quelqu’un qui vient d’être surprise par un feu d’artifice.
Voila pourquoi j’aime tant faire de la photographie. C’est une émotion partagée aussi bien pour le sujet que pour l’auteur.
Quand je retrouve dans ma voiture j’ai l’impression d’avoir mis la tête dans une tornade décoiffante. Je suis grisée par la joie sublime de l’accomplissement.
De retour chez moi je range mon appareil photo…pas trop loin pour qu’il puisse de nouveau réveiller en moi cette soif de liberté qui sonne aujourd’hui comme une désobéissance.
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